Il ne s’agit pas de la révolution de 1789, qui avait fermé la bourse de Paris, mais celle de 1830 dite des Trois Glorieuses. Lors des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, le roi Charles X fut destitué au profit de son cousin le duc d’Orléans Louis-Philippe qui ne devient pas roi de France mais roi des Français. Ne voulant pas de république et de ses désordres, les députés choisirent donc ce nouveau souverain, fondant ainsi la monarchie de Juillet qui durera jusqu’en 1848.

Cette révolution, qui nous est méconnue, est pourtant immortalisée dans notre imaginaire par l’allégorie de La Liberté guidant le peuple peinte par Eugène Delacroix et exposée au Louvre, ainsi que la colonne de Juillet construite par Louis-Philippe Ier sur la place de la Bastille pour rendre hommage aux victimes de la révolution.

PENDANT CE TEMPS AU PALAIS BRONGNIART…

Dès le 27 juillet la journée est marquée par des manifestations sur les grands boulevards et même une émeute contre le corps de garde de la Bourse, au Palais Brongniart qui dégénère en incendie du corps de garde en planches à 10 heures du soir.

La reine Marie-Amélie accompagnée des princes et princesses visite les blessés des journées de juillet à l'ambulance de la Bourse, sous la conduite du docteur Guillon, le 25 août 1830, peint par Nicolas Gosse (1787-1878) en 1832 et exposé à Versailles.

Pendant cette révolution une partie du Palais servit d’ambulance pour les blessés. Cette peinture représente la duchesse d’Orléans Marie-Amélie (1782-1866), future reine des Français, qui visite ces blessés dans l’ancienne petite salle du tribunal. Cette peinture montre le décor d’origine avec ses anciennes sculptures, son poêle en faïence à gauche, son ancien lustre, la tribune des magistrats et la niche dans laquelle le buste de Charles X a été retiré.

Les Orléans vivaient au Palais-Royal et étaient donc presque voisins au Palais Brongniart. Ici la reine, qui a eu dix enfants avec Louis-Philippe, est accompagnée de quelques membres de sa famille : le prince de Joinville (1818-1900) son troisième fils, sa belle-sœur Madame Adélaïde (1777-1847), et deux de ses filles; la princesse Marie (1813-1839), artiste sculpteur du romantisme et futur duchesse de Wurtemberg, et au centre de la toile, la princesse Louise (1812-1850) qui deviendra la première reine des Belges par son mariage avec Léopold Ier de Belgique (ils sont les ancêtres directs de la famille royale de Belgique actuelle).